Le tissage de tapis berbères est un art lent et spirituel. S'étendant sur des mois de travail, c'est un dialogue créatif entre la tisserande et les matières naturelles des montagnes de l'Atlas.
Aucun diagramme ou schéma de conception n'est utilisé ; à la place, les artisanes s'appuient sur la mémoire musculaire et des répertoires de symboles héréditaires transmis de mère en fille.
Les artisans tondent les races de moutons locales au printemps. La laine de montagne est choisie pour son épaisseur et sa douceur, offrant des propriétés ignifuges naturelles.
La laine brute tondue est lavée dans les torrents de montagne et séchée sous le soleil de l'Atlas pour éliminer les huiles naturelles. Cela permet aux teintures organiques de pénétrer les fibres en profondeur.
La laine est bouillie avec des extraits de plantes biologiques de montagne. L'indigo donne des bleus profonds ; le safran crée des jaunes vifs ; la grenade produit des tons terracotta et rose profonds.
Les tisserandes conçoivent les motifs sans aucun plan préalable. Les symboles naissent spontanément, représentant des grilles de protection ancestrales, des histoires de famille et les montagnes locales.
Les tisserandes fabriquent les tapis nœud par nœud sur des métiers à tisser verticaux en bois. Un seul tapis peut contenir jusqu'à 500 000 doubles nœuds, nécessitant plusieurs mois de dévouement patient.
Une fois coupé du métier à tisser, le tapis est lavé plusieurs fois, peigné et fini avec des franges de laine tressées à la main pour éviter l'effilochage.